Comment bien choisir une maison de retraite ?

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Bien choisir une maison de retraite

La décision d’aller dans une maison de retraite doit être prise par la personne concernée. Même si la santé de votre parent se dégrade, si sa dépendance augmente, ce n’est pas à vous de prendre la décision du “placement”. Entrer dans une maison de retraite signifie un changement de vie et d’environnement, ce qui n’est jamais facile, surtout pour une personne âgée. Vous devez lui parler, peser le pour et le contre, et chercher des solutions alternatives qui pourraient lui convenir davantage. Toute décision forcée peut avoir des conséquences désastreuses sur l’évolution de leur santé et de leur équilibre.

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

L’établissement de retraite que vous choisissez doit être facilement accessible pour les amis et la famille du futur résident. L’existence de transports en commun à proximité, notamment, est un facteur de décision important. Si elle n’est pas respectée, les visites des proches seront de moins en moins fréquentes et finiront par cesser, exacerbant ainsi le sentiment de solitude et d’abandon du résident. Définissez une zone géographique à laquelle vous limiterez votre recherche.

Évitez les comportements irréfléchis. Il est essentiel de visiter plusieurs établissements afin de les comparer. Après quelques voyages, vous aurez sûrement acquis une certaine expertise et serez un meilleur juge. Une fois que vous avez arrêté votre choix sur une maison de retraite, allez-y à plusieurs reprises, à différents moments de la journée et de la semaine (week-ends et jours de semaine), et idéalement à l’improviste.

Demandez à rencontrer l’équipe de direction : le directeur, le directeur des soins infirmiers et le médecin coordinateur. Ils sont l’âme de l’établissement. Les directeurs d’Ehpad sont de plus en plus recrutés pour leurs compétences en management. Mais cela ne suffit pas à en faire de bons directeurs. La bonne gestion d’une maison de retraite, son ambiance et la qualité des soins dépendent avant tout du facteur humain, de la capacité du directeur à diriger le personnel et à lui donner du dynamisme et de l’empathie pour les résidents.

Enquêtez sur la réputation de l’établissement et croisez les faits que vous pouvez acquérir (dans ce domaine, le bouche-à-oreille peut être très utile…). Examinez l’attitude des résidents : sont-ils rivés à la télévision ou participent-ils à des activités (revue de presse, atelier mémoire, cuisine, etc.) ? Le personnel est-il distant, sinon assourdissant, présentent-ils un sourire qui risque fort de disparaître dès que vous aurez le dos tourné ?

Demandez une copie du contrat de séjour et du règlement intérieur. Ces deux documents sont désormais obligatoires. S’ils refusent de vous les remettre, débarrassez-vous de cette adresse. Il est également très utile de consulter les procès-verbaux du Conseil de la vie sociale (CVS). Ils sont un bon indicateur des problèmes qui se sont posés dans l’établissement et du degré d’écoute du directeur.

Vérifiez très attentivement les charges. Assurez-vous de savoir ce qui est inclus ou non dans le tarif journalier. De nombreux services (blanchisserie, location de télévision, soins aux personnes dépendantes, etc.) sont souvent facturés en sus et alourdissent considérablement la facture.

Donnez la préférence aux établissements qui portent un label de qualité. Divers labels de qualité commencent à être proposés dans les maisons de retraite, mais le niveau d’exigence est très variable. Par exemple, la norme NF créée par l’Afnor pour améliorer la qualité des services est quasiment une copie des indicateurs de qualité de l’évaluation externe obligatoire par les autorités. Il en va de même pour le label de certification Qualicert.

L’entrée dans une maison de retraite est toujours une épreuve, tant pour le résident que pour sa famille. Et la tentation est grande de faire part de leur malaise au personnel, ce qui conduit souvent à des accusations et récriminations incessantes. Plutôt que d’être systématiquement “contre”, il est plus constructif de faire confiance à ces hommes et ces femmes qui font un travail difficile et de travailler ensemble pour améliorer la vie dans l’établissement.

LE CADRE DE VIE

L’architecture des bâtiments est un aspect important de la qualité de vie. Elle doit être chaleureuse et ouverte sur le monde extérieur. Ne vous laissez pas tromper par les bouquets de fleurs dans l’entrée ou le formalisme de la façade. L’espace d’accueil ne doit pas être un bureau étriqué avec une hôtesse debout derrière. De grandes fenêtres, la lumière naturelle et une perspective claire stimulent le moral des résidents et des employés. La présence d’un café où les familles et les touristes peuvent prendre une collation crée immédiatement un environnement accueillant. De même, la répartition de petites salles communes offre aux familles plus d’intimité qu’une seule grande salle de groupe. Mais ne négligez pas les petits détails qui comptent : un éclairage adapté à la lecture, des couloirs avec des mains courantes suffisamment larges pour permettre le passage de fauteuils roulants, des couleurs et des marquages au sol, des ascenseurs spacieux ou d’autres adaptations des installations pour les personnes handicapées (même si vous ou vos parents n’êtes pas handicapés, vous ne savez malheureusement pas ce que l’avenir vous réserve). Vous devez également prêter attention aux odeurs. Elles sont une indication de l’hygiène de l’établissement. Un jardin est bien sûr un plus, à condition qu’il ne s’agisse pas de simples dalles de béton avec des fleurs en plastique !

La chambre est un espace privé. Apportez quelques meubles personnels pour vous sentir plus à l’aise dans votre nouveau lieu. Évitez les aménagements qui imposent un mobilier standard et limitez la contribution du résident à quelques bibelots et petits objets. Assurez-vous que toutes les chambres sont équipées d’une toilette (lavabo + WC + douche) accessible aux personnes à mobilité réduite. Bien qu’il s’agisse d’une exigence minimale, elle n’est pas encore systématiquement proposée dans toutes les maisons de retraite. La plupart des personnes âgées vivant en Ehpad ne sont plus autonomes et ont besoin d’aide pour la toilette. Si le personnel est en sous-effectif, la toilette passe très vite. Demandez à quelle fréquence les douches peuvent être prises. Posez également des questions sur le système de sonnette et de téléalarme : comment fonctionne-t-il ? Quel est le temps de réponse moyen du personnel ?

ORGANISATION DE LA VIE QUOTIDIENNE

Programmes. Si la vie en maison de retraite permet de rompre l’isolement, elle apporte aussi des contraintes. L’emploi du temps est truffé d’horaires, du lever au coucher, de la toilette aux repas, en passant par les activités et les sorties. Ces règles sont plus ou moins souples selon les établissements. La capacité à ajuster l’organisation collective aux besoins et aux envies des personnes est un aspect essentiel à prendre en compte.

Les repas. Les repas deviennent de plus en plus essentiels à mesure que l’on vieillit. La convivialité de la salle à manger est tout aussi essentielle que les aliments sur les plateaux. Un coup d’œil sur les menus de la semaine ne suffit pas pour juger de la qualité de la cuisine. Ne vous laissez pas abuser par les noms pompeux de la nouvelle cuisine ! Demandez à participer à un repas afin de pouvoir juger du contenu réel des assiettes (qui est généralement désastreux) !

Les divertissements. Elles sont un atout majeur des maisons de retraite. Séances de scrabble, gymnastique douce, ateliers manuels ou artistiques… Renseignez-vous sur le programme d’activités pour savoir s’il correspond aux préférences et aux envies de votre parent. Renseignez-vous sur la fréquence des activités. Sauf dans les grands groupes commerciaux, il y a rarement un animateur à plein temps. Les membres du personnel sont souvent appelés à donner un coup de main, ce qui n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire, car chacun apporte ses talents à la collectivité.

Sorties. Organiser des sorties régulières, adaptées au niveau d’autonomie des résidents, est un signe d’ouverture de l’établissement sur son environnement. C’est aussi un moyen pour les résidents de rompre la monotonie de la vie quotidienne. Cependant, elles doivent être adaptées aux souhaits et aux intérêts des résidents. Elles ne doivent pas les fatiguer inutilement (une promenade au marché peut être plus enrichissante que la visite d’un musée !)

SOINS MÉDICAUX

La composition et les qualifications du personnel. Les ehpad étant des établissements à vocation médicale, le personnel est principalement composé d’infirmiers, d’aides-soignants et de professionnels paramédicaux (ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues, nutritionnistes…). N’oubliez pas que leurs conditions de travail sont particulièrement exigeantes (le taux d’absentéisme et de maladies professionnelles est plus élevé que dans le secteur de la construction). Toute surcharge de travail ou manque de personnel peut rapidement entraîner une dégradation de la qualité des soins. Et les abus ne sont jamais loin. “Par exemple, si une sieste régulière n’est pas possible en raison du manque de personnel, cela peut être une épreuve douloureuse pour une personne âgée. L’utilisation effrénée de moyens de contention physiques, structurels, pharmacologiques ou psychologiques est également à noter”, note le Dr Bernard Pradines, gériatre. Il est donc important d’être conscient des niveaux de dotation en personnel et des pratiques de travail. Sont-ils adéquats ? De combien de résidents chacun d’entre eux doit-il s’occuper ? Sont-ils régulièrement formés pour améliorer leurs compétences, notamment en matière de bientraitance ? Combien de fois par semaine le médecin coordonnateur est-il présent ?

Le service de nuit. Les résidents en Ehpad nécessitent une surveillance 24h/24h en raison de leur perte d’autonomie. Quelle est la structure de l’équipe de nuit ? Le personnel est-il bien préparé à faire face à une urgence ? L’établissement est-il affilié à un hôpital ou à un service de soins gériatriques ? Renseignez-vous sur le nombre d’employés en poste la nuit et sur leurs qualifications (infirmière, aide-soignante ou aide à domicile).

Faire face à une grave perte d’autonomie. L’état de santé de votre parent peut se dégrader. L’établissement s’engage-t-il, notamment dans le contrat de séjour, à soutenir une personne âgée qui devient plus dépendante ? Existe-t-il une unité distincte pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies apparentées ? Comment les services supplémentaires seront-ils facturés ?

Accompagnement de la fin de vie Pour la majorité des personnes, l’Ehpad est leur dernière résidence. Leur est-il possible de rester dans l’établissement jusqu’à la fin ? Les équipes soignantes ont-elles suivi une formation en soins palliatifs afin de délivrer les meilleurs soins possibles dans cette ultime étape ? Ces soins sont-ils fournis par un tiers ? Ce sont des sujets essentiels qui doivent être abordés lors des discussions préliminaires avec l’administration de la maison de retraite.

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